Au 1er janvier 2027, le seuil de dépassement « significatif » de l'IDC passe de 222 à 180 kWh/m²·an à Genève. Des immeubles conformes aujourd'hui basculeront dans l'obligation de travaux. Qui est concerné, quelles obligations, quelles subventions — et comment l'isolation intérieure vous met en règle sans toucher à la façade.
En bref — À Genève, tout bâtiment chauffé doit calculer chaque année son indice de dépense de chaleur (IDC). Au-delà de 450 MJ/m²·an (125 kWh/m²·an), un audit énergétique et des optimisations sont exigés. En cas de dépassement « significatif », des travaux de rénovation énergétique deviennent obligatoires. Ce seuil significatif, fixé à 800 MJ/m²·an (222 kWh) jusqu'au 31 décembre 2026, descend à 650 MJ/m²·an (180 kWh) dès le 1er janvier 2027 pour les immeubles. Conséquence : des bâtiments aujourd'hui « tolérés » basculeront en zone d'obligation dans quelques mois. L'isolation de l'enveloppe — y compris par l'intérieur — fait partie des travaux reconnus, et elle est subventionnée.
L'indice de dépense de chaleur mesure la consommation de chauffage et d'eau chaude sanitaire d'un bâtiment, rapportée à sa surface de référence énergétique, en mégajoules par m² et par an. Depuis la révision du règlement d'application de la loi sur l'énergie (REn), son calcul annuel est obligatoire pour l'ensemble des bâtiments chauffés du canton — y compris, depuis 2024, les villas et petits bâtiments de moins de 5 preneurs de chaleur. Si le calcul n'est pas transmis dans les délais, l'OCEN peut l'établir d'office sur la base des consommations en sa possession.
Le seuil de dépassement significatif suit un calendrier de baisse programmé : 800 MJ/m²·an (222 kWh) jusqu'au 31 décembre 2026, 650 MJ/m²·an (180 kWh) du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2030, puis 550 MJ/m²·an (153 kWh) dès 2031.
Concrètement : un immeuble dont l'IDC moyen se situe entre 650 et 800 MJ/m²·an n'a aujourd'hui « que » l'obligation d'audit et d'optimisation. Au 1er janvier 2027, ce même immeuble passera en dépassement significatif — avec obligation de travaux. Selon l'OCEN, les bâtiments des années 60 affichent typiquement un IDC de 650 à 900 MJ/m²·an : une part importante du parc genevois de cette époque est donc directement concernée par l'échéance.
Nuance importante : ce calendrier s'applique aux immeubles de plus de 5 preneurs de chaleur. Les villas et petits bâtiments bénéficient d'un calendrier décalé — l'accord de février 2024 leur accorde trois ans supplémentaires, soit fin 2029 pour le seuil de 222 kWh/m²·an.
Le règlement vise les « travaux énergétiques » au sens large : isolation de l'enveloppe (murs, toiture, sous-sols), remplacement de fenêtres, solaire thermique ou photovoltaïque, récupération des rejets de chaleur… En pratique, l'isolation est le levier le plus direct sur l'IDC, puisqu'elle réduit la consommation de chauffage à la source.
Pour de nombreux immeubles genevois, l'isolation par l'extérieur est cependant impossible ou très lourde : façade protégée ou classée, alignements de rue, copropriété divisée, échafaudages, autorisations. C'est précisément là que l'isolation intérieure par aérogel prend tout son sens :
Genève a débloqué 80 millions de francs de subventions énergétiques pour 2026, dans le cadre d'une enveloppe de 500 millions dont au moins 70 % sont réservés aux propriétaires privés. Pour l'isolation de l'enveloppe (mesure M-01), le barème GEnergie prévoit une aide de l'ordre de CHF 140.–/m² pour les éléments contre l'extérieur atteignant U ≤ 0,20 W/m²·K, avec notamment : bâtiment autorisé à construire avant 2000, amélioration de la valeur U d'au moins 0,07 W/m²·K, subvention minimale de CHF 1'500.– pour l'enveloppe, et CECB® Plus obligatoire dès CHF 10'000.– d'aide.
Trois règles d'or : la demande se dépose avant le début des travaux (réception par l'OCEN au moins 14 jours avant) ; les montants exacts dépendent du barème en vigueur et de la paroi concernée — l'éligibilité d'une isolation par l'intérieur se vérifie au cas par cas selon la valeur U atteinte ; et pour un immeuble locatif en rénovation, il faut choisir entre subventions et baisse prévisionnelle des charges (BPC). Nous vérifions ces points avec vous avant tout dépôt de dossier.
Mon immeuble a un IDC de 700 MJ/m²·an. Suis-je concerné ?
Aujourd'hui, vous êtes en zone « audit + optimisation ». Dès le 1er janvier 2027, 700 MJ dépassera le nouveau seuil significatif de 650 : des travaux deviendront obligatoires. Anticiper en 2026, c'est choisir ses travaux — et sécuriser les subventions — plutôt que les subir.
L'isolation intérieure compte-t-elle comme « travaux énergétiques » ?
Oui : l'isolation de l'enveloppe fait partie des travaux visés par le règlement. Elle agit directement sur la consommation de chauffage, donc sur l'IDC.
Puis-je isoler sans toucher à la façade ?
Oui, c'est tout l'intérêt de l'isolation par l'intérieur — et l'aérogel le fait en 2 cm, sans sacrifier la surface habitable. Voir notre guide sur les bâtiments classés à Genève.
Que se passe-t-il si je ne fais rien ?
L'IDC est calculé chaque année et transmis à l'OCEN ; à défaut, l'administration peut le calculer d'office. Un dépassement significatif déclenche l'obligation d'assainir. Reporter, c'est aussi risquer des enveloppes de subventions épuisées.
Quel est le coût d'une isolation intérieure aérogel ?
Comptez 180 à 280 CHF/m² posé selon la configuration — voir notre article détaillé sur les prix. Diagnostic et devis gratuits sous 48 h.
Sources officielles : État de Genève — abaissement du seuil IDC · GEnergie — barème des subventions.
Pour aller plus loin : Qu'est-ce que l'aérogel ? · Notre service d'isolation de murs.
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